CONFRERIE
DE L'ORDRE DE SAINT ANTOINE
Saint
Antoine, au cochon !
Le 17 janvier de l'an de grâce
356 mourait, dans son monastère, Antoine le Grand. Chaque
année à la même date, l'Eglise a coutume de fêter
cet ermite qui était,dit-on, le Saint le plus aimé des Belges.
En effet, de nombreuse localités, tant en Flandre qu'en Wallonie,
honorèrent Saint Antoine au cochon.
C'est au moyen-âge qu'il devint
petit à petit le protecteur du bétail. A cette époque,
on se rappela que le Saint fondateur du monarchisme imposait sa volonté
aux animaux sauvages et on lui adjoignit, dans l'iconographie, un compagnon
à la fois malodorant et velu en souvenir, sans doute, des tentations
que le Malin lui infligea. |
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Histoire
de la Confrérie
Une confrérie existait à
Blehen durant le dernier quart du XIXème siècle (probablement
déjà avant). Le sanctuaire est dédié
à St-Antoine en même temps qu'à St-Pierre. La
Confrérie d l'époque organisait un pélerinage très
couru. Son origine se perd dans la nuit des temps. Le 17 janvier,
il rassemblait à Blehen, tous les campagnards des environs, tant
flamands que wallons. Certains anciens du village s'en souviennent
et se rappellent qu'à l'issue de la grand-messe, sur le parvis,
on débitait des têtes de proc qui étaient vendues aux
enchères. Le prêtre bénissait les animaux présents
et le pain, pain béni qui était ensuite distribué
aux fidèles. Ceux-ci en consommaient une partie et en donnaient
l'autre à leur bétail.
La fête païenne suivait
la célébration religieuse et durant cette kermesse d'hiver,
bals, pékêts, gaufres et tripailles faisaient bon ménage.
Une chanson, en wallon, était
alors sur toutes les lèvres, racontant d'une manière humoristique,
le retour du Saint sur terre. Aujourd'hui encore cette chanson
est reprise en choeur par les moines de la Confrérie de l'Ordre
de Saint Antoine, dignes successeurs des temps de dévotion et d'amusement
collectif d'antan...
 |
Le
4 juillet 1975, la Confrérie de l'Ordre de Saint Antoine renaît
et sort de l'oubli par la volonté d'Auguste Bousmanne (U),
Clément Materne (U),
Louis Fraipont et Luc Laruelle. Leur plus cher désir était
et reste de rassembler ceux qui travaillent pour la défense, le
développement et la conservation des traditions locales. Depuis
sa (re-)création en 1975, notre Confrérie a toujours eu à
coeur, de rendre à la fête de Saint Antoine son faste des
temps anciens. Cette date est devenue l'occasion pour la Confrérie
de l'Ordre de Saint Antoine d'organiser son chapitre annuel auquel toutes
les confréries amies sont chaleureusement invitées.
De nombreuses confréries ont encouragé, par leur présence
et leur indéfectible amitié, l'actuelle Confrérie
de Saint Antoine à continuer dans la voie qu'elle s'est tracée.
Jadis la vente des 1/2 têtes de porc se faisait au profit des nécessiteux
du village pour 30 ou 50 centimes. La Confrérie poursuit cette
tradition de philanthropie en remettant le produit de la vente aux enchères
(plusieurs milliers de francs !) à un comité de bienfaisance
hannutois, différent chaque année.
Le
cochon et ses avatars - article du Soir 30/12/97 |

Buts
de la Confrérie
Article 1 :
"La Confrérie a pour buts de
:
a) Replacer sur un premier plan le
culte d'Antoine le Grand (251-356), saint protecteur des pourceaux et autres
animaux domestiques ainsi que les traditions folkloriques et gastronomiques
qui l'entoure.
b) Retrouver les recettes de nos ancêtres
et encourager tous ceux qui élaborent des créations gastronomiques
sur base de celles-ci.
c) Remetter à l'honneur les
recettes anciennes propres à une gastronomie à base de tripaille
et de bière brune.
d) Conserver ou recréer les
traditions populaires, folkloriques et linguistiques locales.
e) Ecrire l'histoire de la localité
de Blehen et tous les événements qui s'y rapportent."
La Confrérie défend
en fait des choses simples et naturelles : la tripaille et la bière
brune.
Pourquoi la tripaille ? Naguère,
à la campagne, quasi toutes les familles élevaient un ou
plusieurs cochons. C'était alors une manière "d'arrondir
les fins de mois". L'ultime sacrifice du fidèle compagnon
de saint Antoine constituait une véritable réjouissance où
l'on recevait les proches ou des amis qui venaient aider au travail de
découpage de la bête, au salage des morceaux de choix et à
la fabrication des diverses charcuteries. Le soir venu, autour d'une
table, on prononçait l'éloge funèbre du cochon défunt.
Elle se composait de louanges aux morceaux qui défilaient dans les
assiettes.
Pourquoi la bière ? Dans
un même souci d'économie, de nombreuses familles hesbignonnes
consommaient une bière, souvent brune, peu alcoolisée et
de fabrication maison. Ces brasseurs amateurs étaient sans
doute encouragée par la matière première toute proche,
les céréales.
C'est ainsi que la Confrérie
de l'Ordre de Saint Antoine a remis au goût du jour une bière
brune, la Cuvée Saint Antoine, dont l'ancienne recette a été
retrouvée. En fin de compte, la Conférie a la volonté
de ressortir de l'oubli et de resssusciter les traditions folkloriques,
culturelles et gastronomiques qui faisaient de ce village un coin où
il fait bon vivre.
La
Charte de permission de débiter des têtes de porc à
Blehen
Les moines
Les confrères de l'Ordre de
Saint Antoine portent la bure à capuche, avec autour du coup une
médaille en grès à l'effigie du cochon. Ce médaillon
est retenu par un cordon "rouge et jaune", symbole de la Wallonie.
A la ceinture du confrère pend une chope en grès pour déguster
la "Cuvée Saint Antoine".
Les responsabilités
:
Article 34 : les responsabilités
à assumer sont établies comme ci-après :
| DENOMINATION |
RÔLE |
| PRIEUR
ou GRAND MAÎTRE |
se
doit de gérer la Confrérie dans les traditions gastronomiques
et folkloriques locales, d'assurer bon ordre et respect des statuts et
règles. Gardien des archives. |
| DOYEN |
se
doit d'aider le Prieur dans toutes ses tâches et éventuellement
le remplacer en cas de nécessité |
| MOINE
ESCRIVAIN |
est
chargé du courrier, des fichers, des compte-rendu des assemblées
et du livre d'or |
| MOINE
ARGENTIER |
est
chargé de la trésorerie et de la récolte des amendes |
| MOINE
HISTORIOGRAPHE |
est
chargé de rechercher et de consigner les faits intéressant
la gastronomie, le folklore et l'histoire locale |
| MOINE
CELLERIER ou DEPENSIER |
est
chargé d l'organisation domestique, du matériel, de l'équipement
et de l'habillement |
| MOINE
ORATEUR |
est
chargé du protocole ; il est maître de cérémonie
et chargé des relations extérieures |
| MOINE
PORCHER |
est
chargé de la mascotte et de la marionette |
| MOINE
ECHANSON |
est
chargé de l'harmonie des vins, bières, liqueurs, eaux de
vie, spiritueux, avec les mets proposés |
| MOINE
GUSTATEUR |
est
celui dont le palais est réputé, tastera les différents
mets proposés à la Confrérie et aidera le summum de
qualité, en respect des usages locaux |
| MOINE
BRASSEUR ou CAVISTE |
est
chargé du contrôle de la Cuvée Saint Antoine afin que
celle-ci garde toujours sa saveur initiale ; il s'occupera également
de l'approvisionnement de celle-ci ainsi que du local où elle est
entreposée |
| MOINE
PORTIER |
est
chargé de la mise en état du local avant les réunions,
mais aussi de la remise en ordre après celle-ci |
| MOINE
CHANTRE |
est
chargé du répertoire musical et chants de circonstances lors
des activités à la Confrérie |
| MOINE
QUÊTEUR |
est
une personne bien famée chargée de recueillir les aumônes |
| MOINE
PRESERVATEUR |
(gardien
des traditions) : est chargé de surveiller si les traditions locales
sont bien respectées |

La
Bière : la Cuvée Saint Antoine
Voici longtemps déjà
que la Confrérie de l'Ordre de Saint Antoine donnait une seconde
vie à une bière locale...
La Confrérie, soucieuse
de renouer avec une tradition ancienne, voulait promouvoir une production
locale et traditionnelle. Forte de la découverte d'une authentique
recette du temps jadis, les moines de Saint Antoine firent quelques essais
autonomes de production, initiatives qu'il fallut, hélàs
abandonner devant les exigences d'une production suivie et régulière.
Voilà pourquoi la Confrérie confia à la Brasserie
du Bocq à Purnode le soin de préparer le délicieux
nectare : notre Cuvée fut portée sur les fonts baptismaux
le 15 décembre 1978 à Hannut.
Que de bière a rafraîchi
notre palais depuis cette date ! Partie de l'heureuse association
d'idées entre une confrérie gastronomico-folklorique et une
bière, l'initiative des moines de Saint Antoine les a rapidement
dépassés. La Confrérie s'est laissée
prendre au jeu en assurant la promotion de sa "Cuvée". Rarement
promotion fut plus facile. La Saint Antoine est suffisamment armée
pour se promouvoir elle-même. Brassée à partir
de malt et de houblon de première qualité, elle se mariait
avec une des eaux les plus pures du pays : l'onde cristalline de la vallée
du Bocq. Nul ne s'étonnera de l'harmonie du couple.
Après un brassage
patient et une première fermentation bien gardée, la bière
était mise en bouteille ou une refermentation permettait au goût
et à l'arôme de s'affiner. Il ne nous restait plus qu'à
déguster.
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Après
avoir rempli vivement notre verre, nous remarquions un dépôt
de levures ; c'était la marque de la maturation naturelle du produit.
Que de plongeons dans l'abondante mousse finement pétillante pour
humer l'arôme : une senteur discrète de houblon accompagnait
la force d'un malt bien charpenté et largement dosé.
Après son passage, la Saint Antoine nous laissait un arrière-goût
de fruit d'automne. Sous sa ferme rondeur, la Cuvée cachait
huit degrés d'alcool.
Pour la Confrérie
Saint Antoine, la Cuvée représente un lien avec le passé
et un ancrage dans la tradition gastronomique locale ; même si cet
aspect n'est qu'une facette de notre activité.
Découvrez les nouvelles étiquettes!
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Pour des raisons propres
à la Brasserie du Bocq, la confrérie s’est vue forcée
de trouver une autre brasserie digne de fabriquer la Cuvée St Antoine
et elle a été heureuse d’une collaboration fructueuse avec
la brasserie Bios d’Ertvelde.
Les membres de la Confrérie,
conscients des risques d'industrialisation et donc, hélas, de banalisation
de leur produit, souhaitaient trouver un garant du naturel pour leur Cuvée.
C'est pourquoi la Confrérie a désiré renouer avec
une production locale. Le projet de réalisation d'une brasserie
didactique et artisanale au village, dans les locaux de l'ancienne Maison
Communale a vu le jour en 2004, après 9 longues années
de patience. Cette réalisation a vu le jour grâce à
la Région Wallonne et à la Ville de Hannut dans le cadre
d’une opération de Rénovation Rurale.
Depuis, après avoir
rempli vivement notre verre, nous remarquons un dépôt de levures
; c'est la marque de la maturation naturelle du produit. Plongeons
dans l'abondante mousse finement pétillante pour humer l'arôme
: une senteur discrète de houblon accompagne la force d'un malt
bien charpenté et largement dosé. Après son
passage, la Saint Antoine nous laissait un arrière-goût de
fruit d'automne. Sous sa ferme rondeur, la Cuvée brune cache
huit degrés d'alcool, tandis que la blonde se contente de 6°.
Pour la Confrérie
Saint Antoine, la Cuvée représente un lien avec le passé
et un ancrage dans la tradition gastronomique locale ; même si cet
aspect n'est qu'une facette de notre activité.
Maintenant qu’elle est fabriquée
en terre républicaine blehinoise, que réserve l'avenir à
notre Cuvée ?
Dégustons-en les
plaisirs en parcourant le cortège de bulles, véritable équipage
de nos rêves.
L'album
photo des moines

Page réalisée en collaboration
avec P. Loumaye, Membre de la Conférie de l'Ordre de Saint Antoine